La mise en oeuvre de l'Accord de paix au Mali garantit le succès des initiatives de l'UA (pays du Sahel)

ALGER - Mercredi, 02 Décembre 2015 (APS) - Les pays du Sahel sont convaincus que la mise en oeuvre de l'Accord de paix au Mali, issu du processus d'Alger, garantit le succès des initiatives de l'Union africaine (UA), soulignant l'importance de mutualiser leurs efforts pour réaliser la stratégie de développement de l'organisation dans la région notamment au Mali.

 

La réussite de la stratégie du développement de l'UA est incontestablement liée à l'application de l'accord de paix au Mali, dont la mise oeuvre est considérée comme un gage pour la concrétisation de la coopération régionale.

 

C'est la conviction de l'ensemble des pays du Sahel exprimée par le haut représentant de la Mission de l'Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Pierre Buyoya, à l'ouverture mercredi à Alger du séminaire de l'UA sur le développement dans la région.

 

L'Algérie, qui abrite cet évenement, a réitéré son engagement au même titre que l'UA, à £uvrer pour appuyer "efficacement" les initiatives visant à parvenir à la paix, la sécurité et la stabilité au Mali et dans la région du Sahel dans son ensemble, a affirmé le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Ramtane Lamamra lors du séminaire.

 

"L'engagement de l'Algérie dans cette région "est guidé à la fois par le devoir de solidarité, le souci d'investir dans la sécurité collective au sens large intégrant la dimension du développement", a souligné M.Lamamra.

 

Il a rappelé, à cette occasion, les "importantes contributions algériennes apportées dans cet esprit tant au plan bilatéral que multilatéral au profit de pays sahéliens dans les domaines du renforcement des capacités, de l’économie, de l’humanitaire et du règlement des crises et conflits".

 

Dans le domaine de la sécurité un "important effort de coordination opérationnelle a été lancé entre l'Algérie et des pays sahéliens avec pour résultats concrets, notamment, la mise en place du CEMOC, de l'UFL et du Processus de Nouakchott", a rappelé le ministre.

 

Concernant la problématique du développement, M. Lamamra a indiqué qu'elle est, dans la vision algérienne, "indissociable" de celle de la sécurité.

 

Pour le haut diplomate algérien, le Mali, tout comme les autres pays du Sahel, n’a pas que des difficultés à surmonter mais "dispose de nombreux atouts et opportunités". Ces atouts et opportunités peuvent être mis en valeur dans le cadre de la Stratégie de l’UA pour la région du Sahel.

 

M. Lamamra a souligné que l'UA "a vu juste en mettant, à travers la MISAHEL (Mission de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel), des outils fort utiles à la disposition des pays bénéficiaires de sa stratégie multidimensionnelle et ce dans les trois volets prioritaires de la gouvernance, de la sécurité et du développement qui sont à la base de crises récurrentes dans la région".

 

 

 

Bamako optimiste quant à la mise en oeuvre de l'Accord de paix

 

 

 

Les autorités maliennes restent "optimistes" quant à la mise en oeuvre de l'accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d'Alger, a indiqué l'ambassadeur malien en Algérie, Nainy Touré, déclarant: "Le plus grand obstacle, celui de pouvoir se mettre à la table des négociations est désormais surmonté".

 

"Tout se passe bien sous l'égide du Comité de suivi à Bamako dont l'Algérie assure la présidence et qui fait d'ailleurs un excellent travail", a-t-il fait valoir, ajoutant que le gouvernement (malien) a mis en place des projets surtout d'assistance aux populations du Nord du pays en lien notamment avec les questions humanitaires et l'installation des services sociaux de base rien que pour conforter

 

le processus d'Alger".

 

"Les mouvements que je dirai qu'ils ne sont plus armés, sont installés à Bamako et y travaillent régulièrement en coordination avec le gouvernement et dans le cadre du Comité de suivi pour la mise en oeuvre de l'Accord de paix", a-t-il soutenu.

 

 

 

Pas de développement durable dans un climat d'insécurité

 

 

 

L'objectif de ce présent séminaire est de "contribuer au travail de coordination et de mise en cohérence des différentes initiatives de l'UA pour la concrétisation des projets", a indiqué le haut représentant de la MISAHEL, Pierre Buyoya, estimant qu'il "ne peut y avoir de paix durable sans développement, ni développement durable dans un climat d'insécurité".

 

L'autre objectif du séminaire et qui va au-delà des structures de l'UA ou des mécanismes régionaux africains, est la gouvernance, qui comprend notamment l'appui qu'accorde la MISAHEL à la paix, la réconciliation nationale et aux questions des droits humains.

 

Dans le domaine de la sécurité, le projet phare à réaliser, a-t-il dit, est le Processus de Nouakchott lancé par la Commission de l'UA en mars 2013.

 

"Ce processus vise à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité et la mise en £uvre de l'architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) dans la région", a-t-il soutenu.

 

Ce séminaire s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de l'Accord de paix et de réconciliation au Mali signé en mai-juin 2015, au terme des pourparlers inter-maliens facilités par l'Algérie en tant que chef de file de l'équipe de médiation internationale.

 

Les travaux de ce séminaire qui se poursuivent jeudi, devraient pemettre l'élaboration d'"un tableau de bord clair" concernant les besoins de la région en terme de développement.

 

Il sera question de faire l'état des lieux du niveau d'avancement de projets du développement dans le Sahel et identifier des mécanismes et stratégies pour leur mise en oeuvre effective.

 

Il est prévu en outre, d'identifer les synergies appropriées entre l'UA et les autres acteurs concernés pour une coopération efficace.

 

Le séminaire de l'UA s'est ouvert avec la participation, d'outre le gouvernement malien, des représentants des autres parties maliennes signataires de l'accord de paix, les Etats de la région parties au processus de Nouakchott ainsi que les représentants des différentes communautés économiques et institutions financières régionales, continentales et internationales .